Le G20 autorise les États Unis à mener une politique divergente sur le climat

Malgré l’alerte des experts pour inverser la tendance avant 2020, le G20 a publié son communiqué final qu'il "prend acte" de la sortie des États-Unis des accords de Paris visant à lutter contre le réchauffement climatique, qui sont qualifiés d'"irréversibles", mais leur permet de poursuivre une politique divergente sur le climat.

G20

Les États-Unis de Donald Trump obtiennent carte blanche du G20 pour mener une politique divergente aux accords de Paris. Le texte dit qu’ils vont aider d’autres pays dans le monde à « avoir accès et à utiliser des énergies fossiles ». Une politique largement à contre-courant de l’objectif de l’ONU d’une économie moins gourmande en carbone, même s’il est précisé par le G20 que ces énergies fossiles seront utilisées de manière « plus propre ». Concrètement, il s’agit surtout pour les États-Unis de vendre leur gaz de schiste.

Des experts avaient pourtant tiré la sonnette d’alarme juste avant le G20 sur l’urgence climatique : selon un article publié dans la revue Nature, il faut agir avant 2020 pour inverser la tendance du réchauffement et maintenir la hausse des températures sous 2 degrés. (source Novethic).

Il y a plus de dix ans que nous martelons que 2020 est un point de non-retour pour le climat, déplore le climatologue Stefan Rahmstorf, du Potsdam Institute, cosignataire de l’appel. Si la courbe des émissions de gaz à effet de serre n’est pas inversée d’ici à trois ans, il sera pratiquement impossible de tenir les objectifs de l’Accord de Paris. Attendre encore dix ans pour agir de façon drastique sur les émissions de gaz à effet de serre ne nous laisserait que très peu de marge de manœuvre pour adapter les modes de vie de la planète et atteindre l’objectif de 2° d’ici la fin du siècle.

Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé qu’il réunirait le 12 décembre 2017un nouveau sommet sur la lutte contre le réchauffement climatique, deux ans après l’accord de Paris, à l’issue de la COP21,afin de prendre de nouvelles actions pour le climat, notamment sur le plan financier.

Résumées dans les INDC*, les promesses faites par près de 200 États avant la COP 21 restent très insuffisantes.

Les INDC permettent de faire la moitié du chemin qui nous sépare de l’objectif des 2°C, rappelait Pascal Canfin, le directeur général du WWF-France.

*Dans le cadre du nouvel accord international sur le climat, tous les pays s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Chaque État a donc rendu publique une contribution décidée à l’échelle nationale, une « INDC » (Intended Nationally Determined Contributions).