Nouvelles données sur le chauffage au bois et la qualité de l’air

Des innovations technologiques récentes ont montré qu’il est possible de diminuer significativement l’impact sur la qualité de l’air des appareils domestiques de chauffage au bois. L’ADEME, dans sa "Lettre Recherche n° 24" de septembre 2018, apporte un éclairage sur le chauffage au bois, et souligne l’importance des recherches visant la diminution de la pollution de l’air.

Responsables de 80 % des émissions de particules fines dans ce secteur, les appareils domestiques non performants sont un enjeu de taille dans le développement de la biomasse et la mise en place de la transition énergétique.

Cette « lettre Recherche N°24 » de l’ADEME fait référence à de nombreux projets de recherche apportant de nouvelles connaissances. A titre d’exemple, sur un cycle complet, environ 80 % des émissions polluantes ont lieu durant les 10 à 15 minutes après l’allumage à froid de la première charge bois ou à chaud des charges bois suivantes (rechargement). La majorité des utilisateurs allument leur foyer par le bas alors qu’un allumage par le haut permet de réduire sensiblement les émissions de particules.

Depuis 2005, l’ADEME a lancé plusieurs appels à projets sur ce thème, dont le Fonds Air-Bois, qui apporte une aide aux particuliers afin de remplacer les appareils de chauffage au bois non performants par des appareils labellisés Flamme verte 7 étoiles ou équivalent. La Métropole de Lyon porte un tel Fonds et a confié son animation à l’ALEC Lyon.

RÉDUIRE LES IMPACTS DU CHAUFFAGE AU BOIS

Le programme PRIMQUAL*, dont un colloque a été organisé à Lyon le 25 septembre dernier, tire de nombreux enseignements comme ceux décrits ci-après.

Les principaux facteurs ayant une influence sur les performances environnementales et énergétiques des appareils sont :

  • l’humidité du bois : généralement comprise entre 12 et 25%, voire plus; au-delà de 25%, une augmentation des émissions et une diminution du rendement et de la puissance délivrée sont observées;
  • l’essence de bois : émissions en général plus fortes lors de la combustion de chêne ou de résineux que de charme ou de hêtre ;
  • la présence d’écorce : sa composition conduit notamment à une augmentation des émissions de particules;
  • la charge et la dimension des bûches : un optimum doit être trouvé sur ces deux paramètres afin de garantir une combustion efficace (charge ni trop faible ni trop forte ; bûches ni trop petites ni trop grosses);
  • le mode d’allumage : par le bas ou par le haut, et à froid (lors de l’introduction de la première charge) ou à chaud (correspondant à un rechargement de la chambre);
  • l’allure de fonctionnement de l’appareil : l’utilisateur est souvent amené à faire fonctionner son appareil à allure réduite en limitant les entrées d’air comburant. Par exemple quand son besoin en chauffage ne correspond pas en continu à la puissance nominale délivrée par l’appareil (si celui-ci a été dimensionné pour subvenir à des épisodes de grand froid), ou bien quand l’utilisateur n’est pas physiquement présent pour recharger le foyer (cas des fonctionnements nocturnes par exemple);
  • le tirage : il varie de façon importante d’un logement à l’autre en fonction de la hauteur du conduit et de l’écart de température entre l’intérieur et l’extérieur. Un tirage important n’est pas particulièrement défavorable mais peut provoquer une combustion plus rapide avec des temps de séjour insuffisants pour assurer une combustion achevée qui peut amener l’appareil à fonctionner à allure réduite. Le tirage varie également en fonction de l’avancement de la combustion ;
  • le vieillissement des appareils : au cours du temps, une usure des joints et des déformations du foyer peuvent avoir lieu et engendrer des entrées d’air parasites.

 

* Lancé en 1995, PRIMEQUAL,  PRogramme de Recherche Interorganisme pour une MEilleure QUALité de l’air, est mis en œuvre par le Ministère chargé de l’Environnement et par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME). Il vise à fournir les bases scientifiques et les outils nécessaires aux décideurs et aux gestionnaires de territoires et d’espaces de vie  pour définir, mettre en œuvre et évaluer des solutions d’amélioration de la qualité de l’air intérieur et extérieur afin de réduire les risques pour la santé et l’environnement.