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25 août 2026

Lecture 6 min

Sécheresse et changement climatique : retenir l’eau sur notre territoire

Sécheresse répétée, sols de plus en plus secs, pluies plus rares mais plus intenses : le régime des précipitations change avec le dérèglement climatique. Plutôt que d’évacuer l’eau de pluie le plus vite possible, la retenir sur le territoire permet de recharger les nappes phréatiques, de garder des sols humides et de rafraîchir la ville. Des solutions existent pour les particuliers, en maison comme en copropriété, et la Métropole de Lyon les accompagne.

Où en est-on ? Une majorité du territoire en crise sécheresse

Depuis le 10 août 2026, 44 communes de la Métropole de Lyon – dont Lyon – sont placées en crise sécheresse. Le niveau le plus critique des quatre seuils d’alerte définis par la Préfecture du Rhône. Seules les communes de l’Est Lyonnais restent en alerte sécheresse renforcée.

Le niveau « crise » implique notamment :

  • interdiction d’arroser les jardins potagers en journée, entre 9h et 20h ;
  • interdiction d’arroser pelouses, massifs fleuris et plantes en pot (hors goutte-à-goutte), dans les espaces publics comme privés ;
  • interdiction de remplir ou de remettre à niveau les piscines privées de plus d’1 m³ ;
  • interdiction de laver véhicules, façades, toitures et voiries, sauf impératif sanitaire ou de sécurité.

Pour connaître à tout moment le niveau d’alerte et les restrictions en vigueur dans votre commune : vigieau.gouv.fr.

Pourquoi cette sécheresse, malgré des pluies hivernales abondantes ?

L’hiver 2025-2026 a pourtant apporté des précipitations abondantes. Mais depuis le printemps, le déficit de pluie s’est creusé : entre le 1er mars et le 3 août 2026, le territoire de la Métropole de Lyon n’a reçu que 267 mm de pluie, contre 362 mm en moyenne.

eaux pluviales

Ce manque de précipitations s’est combiné à des épisodes de canicule répétés – juillet 2026 est le mois de juillet le plus chaud enregistré depuis 1947, avec une température moyenne supérieure de +4,2 °C – qui ont fortement asséché les sols.

Des facteurs qui aggravent la sécheresse comme une eau qui ruisselle vite au printemps et en été (c’est à dire qui s’écoule directement à la surface du sol, au lieu de s’infiltrer en profondeur), des sols qui se réchauffent et s’assèchent plus longtemps. Ces types d’épisodes, appelés à se répéter avec le changement climatique, fragilisent durablement la ressource en eau de notre territoire.

Le changement climatique impose de repenser le cycle de l’eau en ville

Le dérèglement climatique modifie durablement le régime des précipitations. Des périodes de sécheresse plus marquées, entrecoupées de pluies plus rares mais plus intenses. Or nos villes sont aujourd’hui très imperméables. Le bitume et le béton empêchent l’eau de pluie de s’infiltrer dans le sol. Cette eau, pourtant peu polluée, est alors collectée par le réseau d’assainissement, mélangée aux eaux usées, et acheminée vers une station de traitement. En cas de forte pluie, lorsque le réseau sature, le mélange d’eaux usées et pluviales est rejeté sans traitement dans les cours d’eau via un déversoir d’orage.

Autrement dit, notre cycle de l’eau urbain actuel évacue la pluie le plus vite possible, au lieu de la retenir là où elle tombe. Face à l’intensification des sécheresses, retenir et infiltrer l’eau sur le territoire devient une nécessité, avec plusieurs bénéfices :

  • Recharger les nappes phréatiques, indispensables pour l’eau potable, l’irrigation et l’alimentation des cours d’eau ;
  • Garder des sols moins secs, en particulier en période de sécheresse et de canicule ;
  • Limiter les risques d’inondation lors des fortes pluies, en réduisant le ruissellement et en désengorgeant les réseaux d’assainissement ;
  • Développer des îlots de fraîcheur en ville, grâce à l’humidité des sols et à l’évapotranspiration de la végétation.

Que faire chez soi ? Trois leviers, en maison comme en copropriété

Selon la configuration de votre terrain et de votre habitation, trois familles de solutions, complémentaires, permettent d’agir à l’échelle de la parcelle.

1. Déconnecter ses eaux pluviales du réseau d’eaux usées

Dans de nombreux logements, l’eau de pluie qui tombe sur les toitures part directement vers le réseau d’égouts. Il est souvent possible de « déconnecter » ces eaux pluviales pour les infiltrer sur place ou les récupérer, plutôt que de les envoyer vers la station de traitement. Cela présente plusieurs avantages :

  • limiter la saturation du réseau d’assainissement et des stations de traitement et donc les rejets d’eaux usées non traitées dans les cours d’eau ;
  • revaloriser l’eau de pluie plutôt que de la traiter comme un déchet ;
  • favoriser le cycle naturel de l’eau et le développement de la biodiversité ;
  • gagner en confort d’été grâce à la fraîcheur générée par l’évapotranspiration.

2. Différents modes de gestions des eaux pluviales

Remplacer une partie des surfaces imperméables (allées, cours, terrasses) par des aménagements qui laissent l’eau s’infiltrer. Cela contribue directement à recharger les sols et les nappes. Plusieurs solutions existent, adaptables à la taille de son terrain :

  • les jardins de pluie, des creux végétalisés qui retiennent l’eau et l’infiltrent ;
  • les noues, fossés végétalisés peu profonds qui recueillent l’eau qui ruisselle ;
  • les revêtements poreux pour les cheminements, allées ou parkings, à la place du bitume classique ;
  • les puits d’infiltration ou tranchées drainantes pour les eaux de toiture.

Pour les copropriétés et bailleurs sociaux, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la Métropole de Lyon peuvent cofinancer ces travaux de déconnexion et de désimperméabilisation (aides cumulables, voir ci-dessous).

3. Réutiliser l’eau de pluie : la seule solution qui fait aussi des économies d’eau

Contrairement à la déconnexion et à la désimperméabilisation, qui infiltrent l’eau dans le sol, la récupération de l’eau de pluie dans une cuve (hors sol ou enterrée) permet en plus de réduire sa consommation d’eau potable. Cette eau peut être utilisée en priorité pour arroser le jardin, mais aussi pour nettoyer les extérieurs ou, sous certaines conditions techniques et réglementaires, alimenter certains usages domestiques (WC, lave-linge).

Dès le premier niveau d’alerte sécheresse, les restrictions d’arrosage rendent ce type d’installation particulièrement utile pour continuer à entretenir son jardin sans puiser dans l’eau potable.

Bon à savoir

La Métropole de Lyon vous accompagne

Quel que soit le levier choisi, la Métropole de Lyon met à disposition des particuliers des ressources pratiques pour passer à l’action, en trois étapes :

  • analyser les caractéristiques de votre parcelle (surface, nature du sol, pente…) ;
  • identifier les solutions les plus adaptées à votre situation ;
  • vérifier les démarches à effectuer, notamment les éventuelles autorisations d’urbanisme.

Pour vous aider dans ces étapes, la Métropole met à disposition le logiciel PARAPLUIE, qui aide à dimensionner les ouvrages d’infiltration à partir des données pluviométriques locales, ainsi que le guide « Vers une ville perméable », qui détaille les différentes solutions pour les particuliers.

Des informations détaillées ainsi que les dispositifs d’aides financières existants sont disponibles sur la page dédiée du site Internet de la Métropole de Lyon : grandlyon.com/services/gestion-des-eaux-de-pluie.

Vous pouvez aussi être accompagné directement dans votre projet en écrivant à villepermeable@grandlyon.com. Pour la réalisation des travaux, il est recommandé de faire appel à des entreprises spécialisées dans la gestion des eaux pluviales.