La pompe à chaleur (PAC) s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux leviers de décarbonation du chauffage des logements. Mais ses performances sont-elles réellement au rendez-vous sur le terrain ?
Une récente étude menée par l’ADEME sur 100 maisons individuelles équipées de pompes à chaleur apporte un éclairage précieux : si cette solution est pertinente, ses performances dépendent avant tout de la qualité du dimensionnement, de l’installation et des réglages.

Des performances réelles souvent inférieures aux valeurs annoncées
L’étude, conduite durant l’hiver 2024 sur des installations de PAC air-eau et eau-eau réparties sur l’ensemble du territoire, montre que les performances mesurées sont généralement inférieures aux données des fabricants.
En moyenne, le coefficient de performance saisonnier (SCOP) atteint :
- 2,9 pour les PAC air-eau ;
- 4,1 pour les PAC géothermiques (eau-eau).
Les valeurs observées sont très variables selon les installations, signe que la qualité de mise en œuvre joue un rôle déterminant. L’étude souligne notamment que 83 % des performances annoncées par les fabricants sont surestimées, avec un écart moyen d’environ 25 %.
Trois leviers essentiels pour garantir la performance
Les résultats confirment plusieurs points de vigilance déjà bien connus des professionnels.
Le réglage de la loi d’eau constitue un facteur majeur de performance : une baisse de 10 °C de la température de départ chauffage permet de gagner environ un point de COP. Des réglages fins, parfois réalisés plusieurs semaines après la mise en service, sont donc indispensables.
La qualité de l’installation hydraulique est également déterminante. Un schéma adapté, des débits correctement équilibrés et des équipements périphériques bien dimensionnés limitent les phénomènes de courts cycles, les pannes et l’usure prématurée.
Enfin, le dimensionnement de la PAC reste un point clé. Une machine correctement dimensionnée évite les surcoûts, améliore la durée de vie des équipements et garantit un fonctionnement optimal.
La rénovation globale reste la meilleure stratégie
L’étude rappelle également qu’une pompe à chaleur ne constitue pas une solution universelle.
Installer une PAC dans un logement peu ou mal isolé peut conduire à des consommations élevées, à une sollicitation excessive de l’équipement et à des économies limitées. Plus largement, remplacer le système de chauffage sans engager de travaux sur l’enveloppe du bâtiment peut freiner une future rénovation énergétique.
La hiérarchie des interventions conserve donc tout son sens : isoler, assurer une bonne ventilation, puis choisir un système de chauffage performant.
Quelques enseignements complémentaires
L’étude met également en évidence plusieurs résultats intéressants :
- plus d’une installation sur deux a nécessité une augmentation de la puissance souscrite en électricité ;
- la consommation de l’appoint électrique reste très limitée (2,3 % en moyenne) ;
- aucun effet rebond significatif sur la température de confort n’a été observé ;
- les PAC utilisant le fluide frigorigène R290 (propane) présentent des performances supérieures, tout en offrant un impact climatique nettement plus faible.
L’ALEC Lyon accompagne les professionnels
Ces résultats rappellent que la réussite d’un projet de rénovation énergétique ne repose pas uniquement sur le choix d’un équipement performant, mais sur une approche globale intégrant le bâtiment, les usages et la qualité de mise en œuvre.
L’ALEC Lyon accompagne les professionnels de la rénovation, les collectivités, les bailleurs et les acteurs du territoire pour concevoir et mettre en œuvre des projets de rénovation performants. Information technique, montée en compétences, accompagnement des projets ou sensibilisation des occupants : nos équipes sont mobilisées pour favoriser des rénovations de qualité et des performances durables.