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21 juillet 2026

Lecture 5 min

Jeunes et vulnérabilité énergétique : une formation pour mieux repérer et accompagner

À partir d’une étude menée auprès de jeunes de moins de 30 ans et des professionnels qui les accompagnent dans la Métropole de Lyon, l’ALEC Lyon propose une formation gratuite le 1er octobre, de 9h à 12h, pour aider les acteurs relais à mieux repérer ces situations, conseiller et orienter.

Une vulnérabilité énergétique bien présente chez les jeunes

La vulnérabilité énergétique des jeunes est encore trop peu visible, alors même qu’elle s’inscrit dans un contexte de fortes difficultés sociales et économiques.

Quelques chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 60 % des 18-34 ans rencontrent des difficultés à payer leurs factures d’énergie ;
  • 58 % déclarent avoir souffert de la chaleur l’été précédent (source : ONPE) ;
  • plus d’un jeune adulte sur deux ne recourt pas aux aides auxquelles il pourrait prétendre (source : ODENORE) ;
  • chez les étudiants, 78 % ont moins de 100 € de reste à vivre une fois le loyer payé (source : FAGE).

Ces données montrent que la question de l’énergie ne peut pas être dissociée de celles du logement, de la santé mentale, de l’alimentation ou encore de l’accès aux droits.

Une étude pour mieux comprendre les besoins des jeunes

Pour construire un accompagnement adapté, l’ALEC Lyon a mené une étude à partir de fin 2025 auprès de :

  • jeunes de moins de 30 ans, via un questionnaire ;
  • professionnels et acteurs relais, via des entretiens.

L’objectif : mieux comprendre comment les jeunes vivent les difficultés liées à l’énergie, ce qu’ils identifient – ou non – comme relevant de la précarité énergétique, et quels outils seraient utiles aux structures qui les accompagnent au quotidien : associations, missions locales, CROUS, écoles, universités, structures d’insertion, etc.

Ce que révèle l’étude : un inconfort réel, mais souvent invisibilisé

Premier constat : les jeunes interrogés déclarent davantage souffrir de la chaleur en été que du froid en hiver. Mais les deux sont souvent liés à un même problème : la mauvaise qualité du logement.

L’étude montre notamment que :

  • 65 % des jeunes disent ne pas mettre le chauffage pour des raisons financières ;
  • 57 % évoquent un logement mal isolé en hiver ;
  • 76 % n’ont pas de système de rafraîchissement en été ;
  • 53 % estiment que le confort de leur logement a une grande, voire très grande influence sur leur santé mentale.

Autrement dit, la vulnérabilité énergétique ne se résume pas à la facture : elle touche aussi le confort, la santé et le bien-être.

Une précarité énergétique parfois mal identifiée

Autre enseignement important : beaucoup de jeunes disent connaître la précarité énergétique, mais ne se reconnaissent pas eux-mêmes dans cette situation, même lorsqu’ils en cumulent plusieurs signes.

C’est aussi ce que confirment les acteurs relais interrogés : les jeunes ne mettent pas toujours de mots sur leurs difficultés, ou les considèrent comme « normales ». Lorsqu’ils prennent conscience de leur situation, cela peut faire émerger des sentiments de lassitude, d’impuissance ou de résignation.

Cette réalité rend le repérage plus difficile et souligne l’importance du rôle des professionnels de proximité.

Des difficultés qui se cumulent avec d’autres formes de précarité

La vulnérabilité énergétique touche rarement les jeunes de manière isolée.
Elle s’ajoute souvent à d’autres difficultés :

  • logement instable ou temporaire ;
  • précarité alimentaire ;
  • isolement social ;
  • difficultés de santé mentale ;
  • démarches administratives complexes.

Pour beaucoup, l’énergie n’apparaît pas comme le problème principal, car d’autres urgences prennent toute la place. C’est précisément pour cela que les acteurs qui accompagnent les jeunes ont un rôle essentiel à jouer pour faire émerger le sujet, avec tact et de façon concrète.

Le non-recours aux aides : un enjeu majeur

L’étude confirme aussi un phénomène bien connu : de nombreux jeunes ne demandent pas les aides auxquelles ils ont droit.

Plusieurs freins ressortent :

  • une méconnaissance des aides et des structures ressources ;
  • la complexité des démarches administratives ;
  • la peur de mal faire ou de ne pas savoir à qui s’adresser ;
  • le poids du stigmate lié au recours aux aides ;
  • une relation parfois distante, voire abîmée, avec les institutions.

Les jeunes expriment pourtant des besoins clairs : des informations simples, sans jargon, utiles immédiatement, et diffusées dans des formats accessibles – notamment sur les réseaux sociaux, par mail, ou au travers de temps d’échange en présentiel.

⏯️ Voir le replay du webinaire de présentation des résultats de l’étude.