Avion, voiture, hôtel, restaurant… Nos vacances ont un coût carbone souvent sous-estimé. Pas question de vous gâcher l’été, mais quelques chiffres et quelques questions peuvent changer la donne. Bonne lecture… et bon voyage !
Le tourisme, un secteur qui pèse lourd dans la balance climatique

On ne le sait pas toujours, mais le tourisme mondial (chiffres 2019), est responsable de 8,8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, avec une croissance annuelle de 3,5 % entre 2009 et 2019, soit plus du double de celle de l’économie mondiale ( 1 ,5 %). Et ce chiffre pourrait tripler d’ici 2050 si rien ne change. Transport, hébergement, activités, alimentation… chaque étape de nos vacances contribue à ce bilan.
Sans surprise, le transport est le poste le plus émetteur, et de loin. Un aller-retour Paris-New York en avion, c’est environ 1,8 tonne de CO₂ par passager, soit presque autant que ce que l’on devrait émettre « en tout » sur une année entière pour rester dans les clous climatiques (moins de 2 tonnes par personne d’ici 2050, selon l’Accord de Paris). À titre de comparaison, le même trajet en train émet 40 à 80 fois moins de CO₂.
Où va-t-on ? Comment ? Ça change tout.
La destination et le mode de transport sont les deux leviers les plus puissants pour alléger l’empreinte carbone de ses vacances. Voici quelques ordres de grandeur pour s’y retrouver :
- Avion : entre 150 et 250 g de CO₂ par km et par passager
- Voiture thermique (solo) : environ 180 g de CO₂ par km
- Voiture thermique (4 personnes) : environ 45 g de CO₂ par km
- Train : environ 2 à 6 g de CO₂ par km en France (grâce au mix électrique bas carbone)
Ces chiffres issus de la Base Empreinte® de l’ADEME montrent à quel point le train change la donne. Et partir plus près, ou moins longtemps mais plus intensément, peut aussi être une vraie option.
Et l’hébergement, on y pense ?
On l’oublie souvent, mais l’hébergement représente environ 20 % de l’empreinte carbone d’un séjour touristique. Un hôtel climatisé, une villa avec piscine chauffée, ou un camping sous les étoiles… les écarts peuvent être significatifs. Privilégier un hébergement labellisé (Écolabel européen, Clef Verte…), louer un gîte bien isolé ou opter pour le camping peut sensiblement alléger la facture carbone.
Loïc a relevé le défi : des vacances bas carbone du Mont Blanc à la Corse
Plutôt que de rester dans le théorique, on vous invite à écouter l’expérience de Loïc, qui a relevé le pari de vacances zéro avion, zéro voiture. Dans notre podcast La FAQ de l’énergie et du climat, il raconte comment il a rejoint la Corse depuis les Alpes, en combinant train, ferry et débrouille… et surtout comment il a vécu ces vacances pas comme les autres.
Quelques questions à se poser avant de boucler les valises
Pas de leçon ici, juste quelques pistes de réflexion pour faire des choix éclairés :
- Peut-on y aller en train ? (et si on cherchait avant de réserver l’avion ?)
- Et si on découvrait une destination plus proche ? (la France regorge d’endroits magnifiques et souvent moins chers)
- Avec qui part-on ? (covoiturer à 4, c’est diviser l’impact par quatre)
- Où mange-t-on ? (les marchés locaux, c’est bon pour le territoire et pour le bilan carbone)
- Comment compense-t-on ? (des dispositifs de compensation existent, même s’ils ne remplacent pas la réduction à la source)
L’idée n’est pas de renoncer aux vacances, mais de les choisir. Et parfois, les contraintes deviennent des aventures.